Approche MACRO
Etude Madio
MADHIMO
Un modèle de simulation de l'impact Macro-économique
de l'approche HIMO
Mireille RAZAFINDRAKOTO
Février 1998
I. Introduction
Pour évaluer l'impact sur l'ensemble de l'économie des approches HIMO/HIEQ (Haute Intensité en Main-duvre/Haute Intensité en Equipements), un modèle macro-économique simple a été construit. L'approche qui consiste à mesurer uniquement les bénéfices directs d'une dépense publique d'investissement (projet) reste en effet partielle, et risque d'être trompeuse. Il est nécessaire de tenir compte des effets indirects découlant notamment des revenus distribués sous forme de rémunération de la main-duvre, en contrepartie d'un service offert ou d'un produit vendu par une entreprise locale.
Ce modèle a été calibré sur lannée 1995, de façon à
reproduire léquilibre macro-économique de cette année là.
Plus qu'une mesure précise de l'impact des projets, la simulation permet d'évaluer l'ampleur des retombées positives et négatives en fournissant des ordres de grandeur. Mais elle met surtout en évidence l'importance des effets d'entraînement du projet sur l'ensemble de l'économie malgache (hors externalités).
Il sagit dun modèle de type " input-output ", comprenant un tableau entrée-sortie, dans lequel est incorporée la composante de demande nécessaire au calcul de leffet multiplicateur généré par les dépenses publiques. Il est donc de facture " Keynesiano-Léontieff " et à prix fixes. Cette caractéristique se justifie dans la mesure où lon cherche à mesurer limpact de court terme de linvestissement public, et où le montant des politiques simulées est trop faible pour exercer une pression sensible sur les prix. Parallèlement, s'agissant d'un modèle de court terme, et compte tenu du choc simulé, on suppose que celui-ci ne donne pas lieu à une ré-affectation de facteurs (travail, capital) susceptibles de modifier de manière sensible la structure de l'économie
Quatre branches (produits) sont distingués :
- le secteur primaire
- le secteur manufacturier
- les BTP
- le secteur des services
Ce choix permet d'analyser les effets d'entraînement d'une dépense d'investissement touchant essentiellement le secteur des BTP sur le reste de l'économie.
Le modèle construit ainsi un équilibre ressources-emplois pour ces quatre produits. La demande agrégée détermine ainsi le PIB
II.- Evaluation de l'impact macro-économique du choc simulé
Le choc simulé est la dépense d'investissement public supplémentaire générée par les projets (HIMO/HIEQ). L'impact de ce choc est simulé par le modèle en statique comparative. Un certain nombre d'effets peuvent être identifiés explicitement :
Effets directs
Le choc a pour effets directs :
- une hausse de la valeur ajoutée du secteur des BTP;
- des créations d'emplois dans le secteur des BTP pour constituer la main-duvre qui doit travailler au sein du projet d'investissement public;
- une distribution des revenus aux ménages sous forme de rémunération du travail;
- un accroissement des dépenses publiques, donc ex ante une aggravation du déficit public;
- une augmentation des importations équivalente à la part importée des dépenses occasionnées directement par le projet. Comme les exportations restent constantes, le solde extérieur se détériore.
Effets indirects
Le modèle permet d'évaluer parallèlement les effets indirects découlant de la boucle offre-demande au niveau macro-économique:
- une croissance de la consommation résultant de la hausse des revenus des ménages ;
- une montée des investissements privés (découlant également de la hausse des revenus) ;
- des créations d'emplois au niveau des différentes branches d'activité pour satisfaire la demande supplémentaire (consommation, mais également consommation intermédiaire, investissements privés) ;
- une augmentation des importations due à la part importée incompressible de toute demande supplémentaire (consommation, intrants et investissements) ;
- une hausse des recettes publiques résultant de la taxation des revenus, de la consommation et des importations générés par les différents effets indirects du choc simulé.
Effet multiplicateur
L'ensemble de ces effets permet d'estimer le coefficient multiplicateur du choc simulé (de hausse des dépenses publiques). L'effet multiplicateur est défini comme le rapport de la variation (directe et indirecte) du PIB sur le montant de la dépense d'investissement engagé (choc de demande).
Une fois que la simulation converge, l'ensemble des effets d'entraînement sur la sphère réelle de l'économie a été pris en compte, avec un équilibre entre les ressources et les emplois (offre=demande, donc toute demande supplémentaire a été satisfaite). L'impact final de la dépense d'investissement supplémentaire (projet HIMO ou HIEQ) est alors directement mesuré en comparant la situation initiale (hors projet) au résultat final de la simulation.
Toutefois, sachant que les facteurs telle que la main-duvre n'apparaisse pas explicitement dans le modèle, les créations d'emplois sont estimées dans un module spécifique intégrant un certain nombre de paramètres sur les mécanismes régulant la demande de travail et sur le niveau des salaires.
L'objectif fixé étant d'avoir un modèle simple, d'accès relativement facile, et donnant les ordres de grandeur des variations, une formalisation très succincte du marché du travail a été adoptée. Un certain nombre d'hypothèses ont été retenues :
- Il n'y a pas de contraintes d'offre sur le marché du travail (on suppose que toutes entreprises cherchant à embaucher de la main-duvre ne rencontrent pas de difficultés pour le faire). Cette hypothèse se justifie compte tenu de la faiblesse relative du choc simulé ;
- La demande de main-duvre émanant des entreprises (ou projet) ne peut engendrer de tensions sur le marché du travail, ni des répercussions sur le niveau des salaires ;
- Une hausse de la production est satisfaite grâce à une main-duvre supplémentaire.
Ainsi, pour évaluer l'effet indirect sur l'emploi, nous avons estimé pour chaque branche le contenu en emploi de la production. A partir des paramètres donnant le nombre d'emplois pour une production équivalent à un milliards de fmg, on évalue les créations d'emplois engendrées par la hausse de la production des différentes branches d'activité (effet indirect).
Concernant l'effet direct, les emplois créés sont directement estimés à partir du montant des revenus distribués sous forme de rémunération et le niveau moyen des salaires appliqué par le projet d'investissement public.
Pour plus d'information, prière de contacter le projet
Téléfax: (261 20) 44 494 96 E-mail:
himorout@dts.mg
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