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Approche MICRO


La technique HIMO Le logiciel GETHIMO

L'entretien par les communes

Projet HIMO-ROUTES
EXPERIENCE AVEC LES COMMUNES


Mise à jour au 30 juin 99
Tableau 1 : Entretien par cantonnage
Evolution

Année 96/97 98 99
Longueur (Km) 32,6

 

48,7

 

71

 

Nombre de communes 3 5 6
Méthode Régie/Commune/Tâcheron % Commune % Commune %
Contribution commune (Fmg) 3 200 000  12 12 100 000  46 25 100 000   83
Contribution Projet (Fmg) 24 030 907  88 14 163 856  54 5 047 504  17
Coût total (Fmg) 27 230 907 

 

26 263 856 

 

30 147 504 

 

Coût au Km (Fmg) 835 304  539 299  424 613 
HJ totaux 4 083  4 630  5 444 
HJ Km 125  95  77 
Durée du contrat 12 mois   12  mois  7 mois 

 

Tableau 2 : Entretien courant par cantonnage
Année 1998

Coût : 539 300 Fmg/Km (100 US$/Km)
Homme Jour : 95 HJ/Km
Commune RIP Km Coût total Coût/Km HJ
totaux
HJ
Km
Contribution Contribution Salaire total
Commune % Projet % Chef
cantonnier
Cantonnier
Soanindrariny 123 8,50 4 835 500  568 882  850 100 2 600 000  54 2 235 500  46 1 440 000  3 395 500 
Tsarahonenana 123 10,20 5 279 000  517 549  944 93 3 000 000  57 2 279 000  43 1 500 000  3 779  000 
Antanambao 123 6,30 3 670 500  582 619  625 99 3 300 000  90 370 500  10 1 125 000  2 545 500 
Ambatomena 111 10,50 5 503 856  524 177  929 88 1 600 000  29 3 903 856  71 1 320 000  4 183 856 
Ambano 133 13,20 6 975 000  528 409  1 282  97 1 600 000  23 5 375 000  77 1 920 000  5 055 000 
Total 48,70 26 263 856  539 299  4 630  95 12 100 000  46 14 163 856  54 7 305 000  18 958 856 

 

Tableau 3 : Entretien par tâcheronnage
(remise en état de la chaussée et réparation des ouvrages)

Coût : 2 693 150 Fmg/Km (450 US$/Km)
Homme Jour : 170 HJ/Km
  RIP Km Coût total Coût/Km HJ
totaux
HJ
Km
Contribution Contribution Salaire total
Commune % Projet % Chef
cantonnier
Cantonnier
Tâcheron 1 123 8,50 26 257 064  3 089 066  1998 235 0 0 26 257 064  100 5 400 000  8 392 000 
Tâcheron 2 111 10,50 24 912 859  2 372 653  1 232  117 0 0 24 912 859  100 3 600 000  5 168 000 
Total 19,00 51 169 923  2 693 154  3 230 170 0 0 51 169 923  100 9 000 000  13 560 000 

 

Tableau 4 :  Entretien en régie directe
(remise en état de la chaussée)
Coût : 2 920 660 Fmg/Km (490 US$/Km)
Homme Jour : 340 HJ/Km
Commune RIP Km Coût total Coût/Km HJ
totaux
HJ
Km
Contribution Contribution Salaire total
Commune % Projet % Chef
cantonnier
Cantonnier
Ambano 7,60 22 197 000  2 920 658  2 586 340 0 0 22 197 000  100 2 850 000  14 223 000 

 

BILAN DES EXPERIENCES PORTANT SUR L'ENTRETIEN
DES ROUTES RURALES PAR DES COMMUNES A MADAGASCAR

Période 1996 - 1999

LEÇONS À TIRER DE CES EXPÉRIENCES

Les systèmes décentralisés d'entretien courant mis en place depuis plus de deux ans par NORAD/BIT, CAP/USAID et le FID reposent tous trois sur une responsabilisation et une structuration des collectivités bénéficiaires mais selon des modalités institutionnelles et financières différentes.

1. Aspects institutionnels

Le projet CAP-USAID a poussé à la création d'associations d'usagers des pistes (AUP) similaires aux associations d'usagers de l'eau (AUE) responsables de la gestion de périmètres irrigués, tandis que le projet NORAD/BIT a incité les communes à prendre en charge directement l'entretien des routes qui présentent pour elles un intérêt vital, en choisissant selon leur capacité et la nature des travaux soit le cantonnage en régie, soit des contrats de tâcheronnage. Pour amorcer le processus, le projet apporte un appui financier initial et fortement dégressif, ainsi qu'un appui technique et des formations sur le tas pour renforcer la capacité de gestion des responsables communaux. Les actions du FID marient les deux stratégies et son expérience montre que de bons résultats sont atteints lorsqu'il y a un bon tandem commune/association. Il convient cependant de souligner qu'une AUE a un intérêt plus direct et plus important dans un périmètre irrigué qu'une AUP dans la route qu'elle est chargée d'entretenir, car les membres des AUE sont propriétaires des terres agricoles dont la productivité dépend d'une bonne gestion des équipements hydrauliques, ce qui n'est pas le cas pour les membres d'AUP. Dans l'approche du projet NORAD/BIT basée sur la responsabilisation des élus locaux, le risque serait plutôt d'avoir à reprendre les actions de sensibilisation et de formation après une élection communale qui aurait entraîné un renouvellement complet de l'équipe municipale.

Pour ces différents projets, les difficultés de mise en place ont été surtout d'ordre institutionnel dans cette phase de rodage de l'institution communale. La personnalité des maires reste un facteur primordial. Des actions d'accompagnement s'avèrent indispensables, notamment la formation des élus et des responsables de l'entretien (chefs cantonnier ou tâcherons) ainsi qu'un appui à la mobilisation de ressources et à la gestion budgétaire. La responsabilisation des usagers est réelle, comme l'atteste leur participation financière et le respect des barrières de pluies. Pour les projets CAP-USAID et NORAD/BIT, qui interviennent sur des routes provinciales, l'une des principales difficultés qui demeurent à ce jour est le passage indispensable d'une gestion communale à une gestion intercommunale. Cette évolution est en cours mais s'avère beaucoup plus laborieuse que prévu. En effet un particularisme communal s'est développé au fur et à mesure que les maires assuraient leur pouvoir, et constitue le principal obstacle à la solution de la gestion intercommunale, plus logique et rationnelle s'agissant d'un investissement qui ignore les limites territoriales. Pour démontrer les avantages et la faisabilité d'une gestion intercommunale, il faut apporter un fort appui organisationnel initial, comme cela a été fait il y a trois ans pour inciter les nouveaux élus à prendre en charge la gestion de l'entretien des routes au niveau communal. Sur le plan institutionnel, la création des "Organismes Publics de Coopération Intercommunale" en préparation à la Direction de la Décentralisation pourrait contribuer à faire entrer dans les faits l'intercommunalité.

2. Aspects financiers

Il est important de distinguer les deux types d'entretien qui requièrent des solutions spécifiques:

  • l'entretien courant, d'un coût de 500.000 à 1.000.000 Fmg/km/an, qui peut être réalisé au niveau communal ou de préférence intercommunal, par des tâcherons, des cantonniers, des associations d'usagers et/ou de producteurs, avec une contribution partielle ou totale des collectivités locales et des usagers; l'organisation de systèmes locaux d'entretien courant peut être mise en œuvre sans attendre la mise en place effective du FER, comme l'atteste les tentatives en ce sens de NORAD/BIT, CAP/USAID et du FID;
  • l'entretien périodique, de l'ordre de 15 à 25 MFMG tous les quatre à six ans (selon notamment la qualité de l'entretien courant, le type et le volume du trafic), qui requiert une technicité et des moyens matériels, notamment de transport de matériaux, dont ne disposent que des entreprises confirmées. Les sommes à mobiliser sont hors de portée des communes et des usagers. C'est dans ce domaine que l'on peut escompter un impact majeur du transfert des compétences aux provinces et de la création du FER abondé par l'affectation de la majeure partie de la TUPP. Les entretiens périodiques devraient alors être programmés au niveau provincial ou régional, avec le concours financier du FER.
Ainsi qu'on l'a évoqué précédemment (par. 1.3), la capacité des communes de prendre en charge l'entretien des routes pose un certain nombre de questions auxquelles les expériences en cours permettent d'apporter les premiers éléments de réponse

a) Quelle longueur de réseau une commune doit-elle entretenir ?

Si on se base sur les renseignements obtenus dans les provinces d'Antananarivo et de Fianarantsoa, la longueur de leur réseau principal varie entre 20 et 30 km. Des routes charretières se greffent sur ce réseau, élargissant d'autant la zone d'influence de la route principale.

b) Quel est le financement nécessaire pour l'entretien courant de ce réseau communal principal ?

En appliquant les coûts unitaires moyens déduits des projets NORAD/BIT ou CAP/USAID on arrive aux chiffres suivants :

Financement annuel requis
sur base d'un coût unitaire de
500.000 Fmg/km/an
sur base d'un coût unitaire de
1.000.000 Fmg/km/an
Réseau communal de 20 km 10.000.000 Fmg 20.000.000 Fmg
Réseau communal de 30 km 15.000.000 Fmg 30.000.000 Fmg

c) Les communes, sont-elles en mesure d'autofinancer l'entretien courant ?

On constate que les recettes des communes ont pu croître de 15 à 30 millions Fmg après la réhabilitation de certains de leurs axes. En supposant qu'elles consacrent 1/3 de ces recettes à l'entretien des routes, 1/3 à l'entretien d'autres infrastructures communales (EPP, CSB, adduction d'eau etc.) et 1/3 à de nouveaux investissements, elles peuvent affecter de 5 à 10 millions Fmg à l'entretien courant des routes. Cette hypothèse paraît réaliste en regard du niveau actuel (qui devrait s'accroître) des recettes et dépenses des communes dans ces deux provinces. En d'autres termes, les communes devraient pouvoir financer sur leur budget ordinaire l'entretien courant d'un réseau de 10 à 20 km sur la base d'un coût unitaire de 500.000 Fmg/km/an.

d) Comment limiter le coût d'entretien courant à 500.000 Fmg/km/an ?

  • prévoir un aménagement complet (12.500 à 15.000 $/km) pour des routes situées dans des zones à fort potentiel agricole, car on constate partout que le type et le volume de trafic changent rapidement après la réhabilitation de la route. Des économies sur la réhabilitation préalable ne font qu'accroître le volume des travaux d'entretien ultérieurs et leur coût;
  • lors de la réalisation, prévoir des stocks de matériaux sélectionnés tous les km (ou tous les 2 km), car leur acheminement au fur et à mesure des besoins est souvent un problème pour des communes dépourvues de moyens de transport: cette solution facilitera les travaux d'entretien sur la couche de roulement;

  • doter les communes ou les AUP d'un nombre suffisant d'outils appropriés ;

  • faire exécuter une partie des travaux d'entretien par les fokontany, qui ont l'habitude de mobiliser les fokonolona pour des travaux communautaires;
  • se limiter à des ouvrages d'art et au traitement des points noirs (travaux d'assainissement) dans les zones à moindre potentiel agricole, c'est-à-dire concevoir un aménagement à la portée des communes moins favorisées. Un relèvement du niveau d'aménagement pourra être envisagé ultérieurement, en fonction du développement agricole et du surcroît de recettes communales induits par les premiers travaux d'amélioration.

e) Quelle solution pour l'entretien périodique ?

Il est indispensable qu'une partie des fonds du FER soit réservée au financement de l'entretien périodique des routes rurales. Comme dans d'autres pays, un quart de ses ressources pourrait être réservé au réseau tertiaire. La répartition de ces fonds alloués aux routes rurales pourrait se faire sur la base de plusieurs critères (potentiel agricole, densité de la population, longueur du réseau etc…). Toutefois, la priorité devrait être donnée aux communes motivées qui ont mis en place un système d'entretien courant performant. Il est essentiel que les communes soient représentées dans le CA du FER.

3. Renforcement de la capacité

Comme le montre le bilan provisoire des différents systèmes d'entretien communal testés depuis 1996, différentes mesures doivent être prises pour renforcer la capacité des communes et des AUP, en particulier la formation aux techniques d'entretien et à l a gestion des contrats d'entretien:

  • formation d'un responsable de la commune ou de l'AUP dans l'élaboration et la gestion de contrats simples de tâcheronnage ou de contrats confiés à des micro-entreprises;
  • formation des tâcherons ou des chefs cantonniers dans des techniques d'entretien sur un chantier-école (durée maximale: une semaine et un chantier-école par province)
  • obliger les entreprises à utiliser les ouvriers formés pour les travaux d'entretien à réaliser pendant la période de garantie
CONCLUSIONS

Les routes et les ouvrages d'art sont perçues par les communes et leur population comme indispensables au développement économique et social de leur région, et ces quelques études de cas démontrent effectivement que l'impact de l'entretien des routes rurales sur les économies locales est considérable.

Malgré les problèmes rencontrés lors de la mise en place des systèmes décentralisés d'entretien, on constate aujourd'hui une évolution prometteuse:

  • prise en charge progressive de la protection (barrières de pluie) et de l'entretien des routes par des communes et/ou des AUP ;
  • mobilisation de ressources financières et humaines croissantes pour l'entretien courant des routes grâce à:
    1. la mise en place de systèmes de péages permettant d'alimenter la caisse des AUP ou d'accroître les recettes du budget communal en contrepartie des nouvelles dépenses d'entretien;
    2. une contribution des communes aux coûts d'entretien des routes, soit directement dans le cas du cantonnage en régie ou de contrat passé part la commune à un tâcheron, soit indirectement (subvention à l'AUP) ;
    3. des travaux communautaires entrepris à certaines périodes de l'année par les fokontany riverains.
L'émergence de ce nouvel esprit d'entretien est due à plusieurs facteurs:

  • l'affirmation de l'institution communale qui prend en charge progressivement, malgré un environnement institutionnel initialement peu favorable, les diverses composantes du développement local, et notamment les infrastructures de base;
  • une augmentation substantielle des recettes des communes dont les routes sont entretenues, et une prise de conscience accrue des paysans qui obtiennent un meilleur prix (parfois le double) pour leurs produits agricoles vendus sur le marché ou achetés sur place par les collecteurs grâce au désenclavement des zones de production;
  • les efforts entrepris par le Gouvernement et les bailleurs de fonds dans le cadre de la décentralisation, concernant notamment le transfert de compétences et, plus progressivement, un début de transfert de ressources aux communes;
  • la sensibilisation et l'animation mises en place par les agences intervenant dans ce secteur.
Les résultats des projets NORAD/BIT, CAP/USAID et du FID demandent à être confirmés sur le moyen terme, mais ils ont commencé à démontrer la pertinence d'une stratégie d'entretien courant fondée sur la responsabilisation des communes aussi bien que des groupements d'usagers. Les différentes approches rencontrent les mêmes contraintes et nécessitent impérativement, pendant une durée qui ne peut encore être déterminée, un appui rapproché tant sur le plan technique que pour la formation à la gestion. Le choix entre l'une ou l'autre approche doit se faire au cas par cas, en fonction des souhaits et des capacités des collectivités locales et des usagers.

Toutefois, il faut souligner que les besoins en réhabilitation des routes rurales sont encore loin d'être satisfaits (plus de 20.000 km) et que les efforts du FID, de la NORAD/BIT et d'autres agences de développement devront être poursuivis encore pendant longtemps pour résoudre ce problème. Les exemples montrent que les communes peuvent supporter financièrement l'entretien d'un réseau routier communal de 10 à 20 km chacune si ce réseau est d'abord remis à niveau. Si l'on multiplie cette longueur par le nombre de communes rurales (1346), il apparaît que le désenclavement des communes et le rétablissement durable du réseau de transport rural constituent un objectif réaliste, à condition que le Gouvernement et les agences de développement continuent de poursuivre cette politique de développement décentralisé et de responsabilisation des collectivités locales.

Dans la mesure où les deux tiers de la population rurale et du produit agricole brut à Madagascar se situent au delà de la zone directement influencée par le réseau national, la réhabilitation et l'entretien des routes rurales demeure un enjeu crucial pour le développement socio-économique du pays.

 


Pour plus d'information, prière de contacter le projet
Téléfax: (261 20) 44 494 96 E-mail: himorout@dts.mg
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