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Le naufrage, la montée à Tananarive, le premier contrat

Pris dans une tempête, le St Roch se fracasse sur les rochers à l'embouchure de la Matitanana (en face du Vohipeno actuel) sur la côte Sud-Est.

Tout l'équipage s'en sort sain et sauf mais Jean Laborde a tout perdu.

Ils décident de partir vers le Nord. Bientôt ils sont arrêtés par les habitants d'un village bien embêtés d'une telle prise. Que va-t-on en faire ? Les tuer ? L'étincelle jaillit dans la tête d'un vieux sage "Emmenons-les au Nord où habite un vazaha". Les voilà repartis pour une longue marche de près de 180 km. Ils arrivent à Mahela où Napoléon de Lastelle exploite une concession de canne à sucre. Il a passé un accord avec la Reine Ranavalona 1 pour cette exploitation, ainsi que pour l'exportation de bovins, peaux, cuir et sans doute de quelques esclaves moyennant versement d'une participation aux bénéfices. Son employeur, la Société de Rontaunay, fait le transport maritime entre Madagascar et les îles de France et Bourbon.

Lorsque arrivent les rescapés, de Lastelle est absent. C'est son frère Charles qui les reçoit. L'accueil est chaleureux. Tous se restaurent à gogo et se reposent.

On ne sait rien sur le devenir du reste de l'équipage, mais Jean Laborde participe quant à lui aux travaux de l'exploitation. Napoléon de Lastelle flaire tout de suite le parti qu'il peut tirer de ce garçon intelligent et travailleur : Il sait que la Reine veut faire fabriquer des fusils. Elle a passé un contrat avec un nommé Droit dit Jolycoeur, mais sans résultat jusqu'alors.

Jean Laborde doit être l'homme de la situation. Napoléon prend contact avec la Reine. Les communications sont lentes. Le temps passe. Laborde trouve l'âme soeur en la personne d'Emilie Roux (Rousse) une métisse de la région, qu'il épouse. En cette occasion, Napoléon de Lastelle lui offre la collection des manuels Roret, recueils des techniques les plus avancées de l'époque expliquées par les plus éminents spécialistes. Ce sera son livre de chevet et la source d'inspiration de tout ce qu'il entre prendra.

Enfin, l'accord de la Reine arrive. Nous sommes en septembre ou octobre 1832. Laborde gagne sans doute Tamatave par la mer, puis monte sur Tananarive. Mais, arrivé à Ambodin'Angavo, il lui faut attendre encore que les devins de la Reine choisissent le jour favorable d'entrée dans la ville des Mille. Il piaffe, envoie des courriers pour accélérer le processus, rien n'y fait.

Un beau jour, les émissaires arrivent. Il pourra rencontrer les dignitaires pour discuter du projet. .

Et le 12 Adizaoza 1833, il signe son premier contrat : Il doit travailler avec Droit, ce qui ne lui plaît point. Il choisit donc une terrain proche de celui de son concurrent à 3 km au Nord d'1lafy et se met au travail. C'est là que naît son fils Clément.

Villa Jean Laborde à Mantasoa

En 1834 les premiers fusils sont prêts (Droit n'a toujours rien sorti), mais, sur le conseil de De Lastelle, Laborde attend une production plus nombreuse pour en faire la présentation à la Reine.

Le haut fourneau

On pense que c'est l'occasion de la première rencontre avec Ranavalona 1. Il offre le "hasina", signe d'allégeance. Les fusils sont là. On procède aux essais. Tous les espoirs sont dépassés. La Reine félicite cet athlétique jeune homme. Certains dignitaires en sont dépités... Qu'à cela ne tienne, la vie continue. La Reine a envie de ciseaux, il les lui fabriquera, ainsi que des épées et même des chapeaux, en paille de riz... La Reine, toute réjouie, danse... C'est le succès.