ANDRANGOLOAKA, AMPIADITANIMANGA LOHASAHA.
Nous avons vu que Laborde fabriquait ses canons en fonte de fer. Il lui fallait donc du minerai de fer et du charbon. C'est parce que tout cela était à proximité qu'il s'était installé à Mantasoa.
Le minerai de fer était extrait à Andrangoloaka à quelques kilomètres à l'Est, actuellement de l'autre côté du lac. Il était lavé sur place avant d'être transporté dans les magasins près du haut fourneau.
La forêt était toute proche. Laborde fit monter d'énormes fours à charbon de bois de 300 à 400 m3 chacun. Il le fallait de la meilleure qualité et il sélectionnait les bois.
Pour acheminer tout cela, le transport à dos d'hommes, jusqu'ici le seul moyen, devenait inadapté. Qu'à cela ne tienne... on se mit à fabriquer roues et charrettes, on dressa des boeufs, on créa une route.
Les argiles d'Ampiaditanimanga convenaient parfaitement pour la poterie. Là encore on fabriqua sur place, on construisit un four, on forma des ouvriers.
Mais, Jean Laborde avait aussi promis dans son deuxième contrat d'ouvrir une exploitation agricole.
C'est sur Lohasaha, actuellement Antanandava, qu'il fixe son choix.
Fond de vallée facile à irriguer, aux terrains fertiles, avec un climat mieux adapté à la canne à sucre puisqu'à 600m d'altitude, il s'attaque à la besogne, plantation, bâtiments, usine à sucre, tout marche de pair. On monte les broyeurs à dos d'homme depuis Mahanoro, mais aussi le cuivre importé de Ceylan, les vers à soie de Chine et d'Inde, les plants d'arbres fruitiers, les trois grands aigles pour le Palais de la Reine.
Là encore, il crée des espaces réservés à la Reine, un autre bain (il faut croire qu'elle appréciait), et une rizière "Antanimbarini Mpanjaka". La récolte en était transportée sous escorte d'hommes armés de sagaies à pointe d'argent. Sur le passage de cette Royale nourriture le peuple devait se prosterner.
La canne à sucre était transformée en sucre et en rhum. Des vestiges de l'usine existent encore.
Laborde implante aussi dans la région le pommier, l'ananas... et les tapias (faux mûriers) pour nourrir les vers à soie.
C'est là qu'Emilie fut exilée quand elle osa tromper son mari, ... alors que lui ne s'en privait guère ... mais pour le bon plaisir de la Reine.
Elle s'occupa fort bien du domaine.